Fils d’un cantonnier des chemins de fer, et d’une garde-barrière du réseau PLM, Pierre Sémard, né le 15 février 1887 à Bragny-sur-Saône (Saône-et-Loire).

En 1912, après avoir exercé divers métiers, il entre au secrétariat du chef de Gare de Valence, devient militant syndical et déploie une activité de plus en plus intense qui le porte après-guerre au niveau national.

En 1921 il est élu secrétaire Général de la Fédération des Cheminots et s’engage en 1922 aux côté du Parti Communiste pour en devenir le Secrétaire Général de 1924 à 1928. Il est arrêté cinq fois pour ses actions politiques et le poste de Secrétaire Général du PCF est finalement supprimé en 1928.
En 1933, Sémard renoue avec le syndicalisme et est élu à nouveau Secrétaire Général de la Fédération des Cheminots en 1934.

De 1936 à 1938, il est membre du Conseil Consultatif des Chemins de Fer au sein duquel s’engage les réflexions sur leur nationalisation ; dès la création de la SNCF il en est un des administrateurs issus de la représentation syndicale. Il en est révoqué le 30 novembre 1938 pour avoir appelé à la grève. En 1939, dans le contexte troublé dû au Pacte Germano-Soviétique, il est exclu de ses fonctions dirigeantes syndicales et politiques puis condamné à 3 ans de prison, sa femme étant arrêté en août 1941 puis sa fille Yvette en début 1942.
Il se retrouve au camp d’internement de Gaillon, puis à la prison d’Evreux où il est fusillé comme otage par les autorités allemandes avec d’autres militants syndicalistes et communistes.

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

Il faut savoir que la rue Pierre Sémard était dénommée précédemment « rue du Canon » à cause d’un canon fiché au coin de la rue à l’angle donnant sur la rue Anatole France, utilisé comme chasse-roues afin de protéger l’angle de l’immeuble du frottement des véhicules de passage.
Ce canon existe toujours.

En 1945, la municipalité décida de débaptiser cette rue du Canon et la renomma rue Pierre Sémard en sa mémoire.
Axe commercial de jour très apprécié des toulonnais jusqu’au début des années 80, notamment pour ses boutiques de vente de jean’s, elle était aussi un des lieux prisés d’activités festives nocturnes. Située dans le quartier surnommé « Chicago » où marins, bourgeois en goguette et jeunes fêtards de tous bords, pouvaient s’y retrouver pour passer un moment festif de bon aloi ou encore pour fréquenter certains bars aux néons trop voyants et à l’intérieur bien sombre, distillant une musique langoureuse que fredonnaient d’un air parfois fatigué quelques silhouettes féminines debout sur le seuil…